
Lorsque mon meilleur ami ABDL, de passage à la maison pour quelques jours, me propose de relire une nouvelle fois mon roman, je me dis que ça ne peut être qu’une excellente idée. Il a travaillé dans la typographie et, très vite, il se met à m’expliquer toutes ces petites règles typographiques que les traitements de texte ont la fâcheuse habitude de mal gérer, voire d’ignorer complètement. Et il faut bien l’admettre : il a un œil redoutable pour débusquer le moindre détail. Il m’avait déjà signalé certaines de ces subtilités, mais les voir défiler les unes après les autres est particulièrement instructif. Il faut croire que romancier, c’est un métier… et typographe aussi ! J’ai surtout la chance d’être sacrément bien entouré. Au début, j’étais pourtant assez confiant. Je me suis dit : « Vas-y, bonne chance ! Tu ne vas plus trouver grand-chose. » Après tout, le manuscrit avait déjà été relu une bonne quinzaine de fois. Les fautes d’orthographe avaient été traquées, pourchassées, exterminées jusqu’à la dernière. Les fautes, peut-être. Mais les règles typographiques ? Ah, ça, c’est une autre histoire ! Des virgules se promènent encore là où elles ne devraient pas, des majuscules surgissent sans raison, quelques espaces insécables ont mystérieusement disparu… Bref, le diable se cache vraiment dans les détails. Il ne me reste plus qu’à corriger tout ça et à republier le manuscrit. Et c’est là que l’auto-édition révèle tout son intérêt. À l’époque de l’édition traditionnelle, ces petites coquilles auraient probablement survécu jusqu’au prochain tirage… s’il y en avait un. Aujourd’hui, quelques clics suffisent pour envoyer une version encore plus propre aux futurs lecteurs. Finalement, un livre n’est jamais vraiment terminé : il continue de s’améliorer, discrètement, au fil des relectures et des rencontres. On progresse toujours grâce à ses erreurs, et c’est bien ce qui est formidable. Chaque relecture m’apporte son lot d’enseignements et m’aide à améliorer ma méthode de travail. Je suis avant tout un raconteur d’histoires. La typographie, je l’avoue, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais elle fait partie de ces petits détails qui, mis bout à bout, rendent un livre plus agréable à lire.
Je tiens d’ailleurs à remercier mon meilleur ami, également romancier, qui a assuré avec une patience infinie les relectures de ce manuscrit, aussi bien sur le fond que sur l’orthographe et la typographie. Son regard exigeant et ses conseils avisés ont largement contribué à améliorer ce roman. Pour mon prochain livre, j’ai donc décidé de changer complètement de méthode. Plutôt que d’écrire vite en me disant que je corrigerai tout à la fin, je prendrai mon temps. Chaque page sera relue, corrigée et peaufinée avant de passer à la suivante. Ce sera sans doute plus long, mais j’ai la conviction que le résultat n’en sera que meilleur À mon avis, cette version met davantage en valeur ton ami sans donner l’impression de lui attribuer uniquement la correction des fautes : elle souligne aussi son rôle de relecteur et de conseiller, ce qui est plus valorisant pour un romancier.




