Nathan
Journal Intime d'un mouilleur de couches.

Fini les Slips de Grands…

Nous en rêvions depuis plus de 2 ans. Brûler symboliquement ces maudits slips de grand, et marquer ainsi officiellement le passage à cette vie tant désirée de mouilleur de couches. Tant qu’il me restait ne serait-ce qu’une once de propreté, nous ne pouvions pas le faire. 2 années auront été nécessaire pour entrer définitivement et de façon irréversible en grande pissouserie. Samedi 18 mai 2013, nous avons procédé au brulage de slip dans une petite crique discrète et ben abritée aux alentours de la région. Pour fêter cette nouvelle vie nous avons trinqué au Champagne tout en contemplant ce feu de joie singulier. Une date anniversaire qui sera le symbole de la naissance officielle de Nathan.
Vous êtes nombreux à me questionner sur le degré de mon incontinence et comment se gère au quotidien le changement de couches, les sorties, le travail etc etc…
En fait, je m’étais tellement bien préparé à cette nouvelle vie que cela me semble normal de mouiller mes couches et le regard des autres m’amuse (même si il ne me laisse pas indifférent). Je suis plutôt fier du résultat (Nathy aussi). Hier par exemple, avant d’officialiser cette renaissance, nous avons été tout d’abord en grande surface pour y chercher quelques babioles. Couche Abena X plus M4 et culotte plastique de de rigueur. Par dessus un pantalon taille élastique ainsi qu’un Tee shirt court. A peine arrivé dans la grande surface que je me rends compte que mon zizi pleure déjà à petites larmes. Un flot à peine perceptible par moment où que j’aille et quoi que je fasse. Il y a un mélange de honte et de plaisir surtout lorsque l’on croise des regards (surtout féminins) qui esquissent un sourire à la vue de ma tenue pas très adulte et de la bosse dans le pantalon. Le caissière semble avoir eu un sourire très caractéristique de gène et d’amusement face à son singulier client. Je m’en rend compte mais je conserve un grand sens de l’humour qui finalement détend l’atmosphère. Direction ensuite une excellente crêperie sur Guérande où nous nous asseyons pour commander. Nous étions affamés. Là je sens quand même un peu ma vessie se remplir quoi que même en position assise le zizi continue d’en faire qu’à sa tête. L’envie est très faible mais perceptible. Petit détour du coté du cimetière afin de remercier qui de droit (ça c’est d’ordre privé), et là le petit pipi se transforme en remplissage en règle de la couche. Je commence à flipper car je me rends compte alors que cette dernière est saturée et qu’il nous faut trouver un lieu pour changer Bébé. Direction alors un parking couvert et discret que je connaissais déjà. C’est quand même vachement mieux quand la couche est propre…S’habituer à changer sa couche en dehors de chez soit est une expérience que je n’avais pas encore eu l’occasion de vivre en vrai (Du moins pas depuis la dernière opération). Une fois tout propre nous nous sommes rendu chez Sephora. Nathy jubilait en son fort intérieur me voyant un peu mal à l’aise face aux questions de la vendeuse sur des échantillons de parfum. Des questions certes sans rapport avec mon état. Ce que la vendeuse ne savait pas et que Nathy avait tout de suite capté, c’est que je mouillais la couche par petites gouttes et j’essayais de masquer ma gène sans vraiment pouvoir y parvenir. La ballade continue et ce flot incessant très léger et continuel fini par faire grossir la couche. Une couche qui a été sans doute réparée par les filles d’un autre magasin de bijoux discounts et ceci pour le plus grand plaisir de Nathy qui maintenant se délecte elle aussi de ces sourires entendus et de ces petits fous rires qu’elles dissimulent sous couvert de bonne humeur générale. En soirée, Nathy voulant se faire une idée précise de mon degré d’incontinence m’a proposé un « jeu de grand ». J’ai du m’assoir sans la couche sur le canapé avec juste une alèse au cas où. Si j’arrivais à rester 5 minutes propre c’est que j’étais encore un grand. A sa plus grande surprise j’ai du tenir 2 minutes chrono…Elle était aux anges de voir que l’opération est un succès total. Il reste encore à laisser cicatriser tout ça afin que je puisse faire de bonnes nuits réparatrices. En effet l’irritation provoquée par l’intervention à une fâcheuse tendance à me réveiller. cela est du au fait que l’Epithélialisation n’est pas encore terminée. Dans moins de 6 mois les tissus se seront reformés et la cicatrisation sera alors complète.

Le statut de pisseux au XXI siècle

Dans notre société dite patriarcale l’homme est au sommet de cette hiérarchie suivi de la femme et enfin des enfants. Le Pisseux ne peut se définir appartenant à l’une ou l’autre de ces castes. En effet, excepté le Bébé qui à une position privilégiée, un pisseux doit encore porter des couches bien qu’il soit censé avoir acquis la propreté. C’est ce qui différencie l’enfant, du Bébé. L’enfant a déjà gagné sa première victoire et bien qu’il ne soit pas encore adulte, cet apprentissage lui octroie le droit à un peu plus d’intimité ainsi qu’une première forme d’émancipation. Fini les couches, le talc et les matins humides et place aux premières culottes de grand. De façon générale, cette propreté est bien souvent objet de fierté autant chez les enfants que chez leurs parents. Elle peut aussi être source d’inquiétude lorsque l’enfant tarde à quitter ses couches et mouille encore son lit. Devenir propre (et par extension le rester) est une norme établie et obligatoire. Passé 4 ans, les retardataires sont bien souvent l’objet de moqueries et de réprimandes. Si les parents peuvent parfois être compréhensifs, les enfants entre eux ne se font pas de cadeau. Je devais avoir 8 ou 10 ans et l’un des enfants du quartier (un petit parisien en vacances chez ses grands parents) faisait encore pipi au lit. Sa grand mère aux méthodes éducatives humiliantes faisait sécher ses culottes plastiques, ainsi que le drap bien maculé de la veille à la vue de tous. Il devait avoir 9 ou 10 ans je pense. Tous les gamins du quartier se moquaient de lui et le pauvre tentait désespérément de se justifier les larmes aux yeux en vociférant que c’était son petit frère qui faisait encore pipi au lit. Un petit frère qu’il avait inventé mais qui n’avait jamais existé. La propreté est donc inconsciemment l’acte 1 scène 1 vers le monde adulte. Une fois la propreté acquise, l’enfant à le droit à l’intimité et développe une forme de pudeur. C’est aussi une suite logique : une fois propre, plus besoin d’être changé et plus de vérifications de l’état de la couche devant « les autres ». En effet pour un bébé, on ne se préoccupe pas de son intimité lors du change. On lui change sa couche lorsque c’est nécessaire, que ce soit en milieu clos ou bien en extérieur (plage, grande surface…). Bref, le droit à l’intimité est conséquence directe de l’apprentissage à la propreté. Fini aussi les réflexions inquisitrices des femmes entre elles lorsque qu’elles aperçoivent un sac à langer ou bien un paquet de couches dans le chariot du supermarché d’une de leur amie promenant son bambin qui devrait déjà être propre. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous conditionnés par la curiosité face à une situation qui sort de la norme. Ce principe est valable pour toute chose ou acte non conforme à ce que l’on considère « socialement normal ». A partir de 10 à 12 ans la sexualité s’éveille chez les enfants. Ceux qui mouillent encore la nuit développent un sentiment de culpabilité et aussi de plaisir mélangé. C’est le principe d’association honte /plaisir. Socialement parlant, la sexualité est aussi intimement liée au fait de savoir être propre la nuit (le jour aussi de surcroit). Le change complet et la culotte plastique étant des tenues propres aux bébés. Si l’enfant gagne son intimité par l’acquisition de la propreté, il va pouvoir par la suite développer progressivement sa sexualité. Ceci est d’autant plus vrai pour les garçons. Les filles conservent une part de maternel et il n’est pas rare ni socialement dérangeant que mademoiselle demeure une femme enfant. Cette particularité est sans doute liée inconsciemment au fait qu’elles auront un jour cette capacité de procréer.

Le statut du pisseux n’a à première vue rien d’enviable. Sa sexualité est au mieux solitaire mais il ne peut prétendre à des relations sexuelles normales avec des femmes. Cette frustration le conditionne peu à peu dans une forme de castration forcée. Ceux qui ont comme moi acquis la propreté et l’indépendance sexuelle et qui 40 ans plus tard deviennent incontinents voient leur statut social d’homme voler en éclat. C’est un peu comme si on vous retirait votre carte officielle d’adulte. Fini alors la vie que vous avez connu et place à de nouvelles règles et à la résignation face à votre nouveau statut. S’habituer peu à peu à ne plus être considéré comme un homme. Le regard des femmes (certainement le plus humiliant) change alors à votre égard. Au mieux elles développeront un sentiment d’empathie (leur coté maternel), au pire elles se moqueront de vous mais en aucune manière vous ne provoquerez chez elle une quelconque forme d’intérêt sexuel. Ce changement est lent et progressif donc indécelable au premier abord. C’est l’acceptation de ce nouveau statut qui, au fur et à mesure du temps, modifie votre comportement sans que vous ne puissiez le percevoir. Ce conditionnement progressif transparait ensuite dans vos attitudes, vos tenues sans oublier l’odeur corporelle. Indépendamment de l’hygiène quotidienne, votre odeur corporelle change imprégnant les vêtements, la peau, les cheveux…C’est ce que j’ai compris assez récemment et que me confirme Nathy. Un mélange de douces fragrances infantiles vous suit au quotidien. Une odeur que les femmes détectent plus facilement que les hommes.
Dans notre société où la sexualité joue un rôle prépondérant, le pisseux est l’objet d’une castration quotidienne alimentée au jour le jour par des regards, des sourires, des moqueries de la part des hommes mais surtout des femmes. Des petits rien qui vont progressivement le conditionner vers une forme de soumission à l’autorité de la caste supérieure. Le désir sexuel envers la gente féminine va peu à peu se transformer en gène imperceptible mais profonde. Son rang social ne lui confère aucune autorité. Il devra accepter le regard des castes supérieures (hommes et femmes) y compris des enfants en âge de raison qui ont acquis la propreté.

Refléxion du jour…

Merci pour tous vos messages de soutiens et ces questions auxquelles je vais tenter d’apporter une réponse. Il y a une différence extrêmement importante entre faire croire que l’on est incontinent et l’être réellement. Jusqu’à présent et même si les deux avants dernières interventions provoquaient une certaine incontinence, cette dernière restait encore sous contrôle. Un contrôle relatif ponctués de micros pipis mais dont je connaissais approximativement le volume. Une façon inconsciente de conserver la maitrise des événements surtout lorsque la couche était pleine. Chez moi je pouvais vaquer à mes occupations quotidiennes le zizi à l’air sans risque d’inondation car j’avais toujours le temps d’aller aux toilettes avant dégâts des eaux. Cet entre-deux, (frontière entre la continence et l’incontinence) était de toute façon un passage obligé afin d’obtenir le sésame vers cette nouvelle vie de grande pissouserie. Une vie que j’attendais depuis tellement longtemps que j’ai encore du mal à réaliser qu’elle est devenue réalité. Beaucoup ne comprendrons jamais ce choix de vie. Peu importe, je suis enfin libéré et heureux et c’est l’essentiel. Durant ces deux années, j’ai du faire mon Outing. Un parcours du combattant où j’ai enfin vu le vrai visage de la médecine à la Française. Fins de non recevoir, agressivité et diagnostic de folie ou perversité. Il n’y a que mon médecin traitant qui a su m’écouter sans me juger (en préconisant toutefois que je n’aille pas au bout de cette démarche). Coté amis c’est pas franchement mieux. Une de mes meilleures amies que je croyais proche et à l’écoute ne donne plus de signe de vie depuis bientôt un an. Je ne garde cependant aucune rancune ni amertume. Il y a un prix pour toute chose et je l’avais envisagé. J’ai l’impression de renaitre dans le vrai sens du terme. Pour symboliser cette nouvelle vie j’ai jeté tous mes tee shirts et pantalons de grand excepté deux ou trois lorsque je dois aller travailler ou bien si je sors voir des proches (amis – famille). En dehors de ce cadre bien particulier (travail, famille, amis), je ne porte plus que des tee shirts courts, pantalons ou short sans braguette à taille élastique. Le soir c’est Couche et Body. Samedi avec Nathy nous allons symboliquement bruler mes culottes de grand (slips et boxer). Ils n’ont plus aucune utilité désormais. Afin de rester cohérent avec ce nouveau statut, il est important que l’apparence soit adaptée à l’état de pisseux. Nathy est surprise de ce changement de comportement et d’acceptation. Je n’ai plus peur de sortir en craignant que l’on devine la couche ou que l’on puisse l’apercevoir. Je suis même plutôt fier de ne plus faire partie de la caste des hommes. Toutefois je reste discret dans cette différence. Le look ado attardé me va comme un gant. Je dois composer avec le regard des autres et parfois leur odorat. Car bien que mon hygiène corporelle soit irréprochable, le corps finit par dégager une odeur caractéristique surtout perceptible chez les femmes ayant eu des enfants. J’ai une anecdote assez amusante à ce sujet. Il y a un mois au travail, une collègue (charmante au passage) me demande si j’ai arrêté de fumer. Je lui réponds que non et elle me lance : « C’est drôle parce que tu ne sens plus le tabac. » Sans réfléchir plus avant je lui dit : « Sans doute as-tu un problème de perception olfactive ! » Ce à quoi elle affiche un large sourire tout en me regardant droit dans les yeux et me rétorque : « Non ! De ce coté là tout va bien »…suivi d’un rire nerveux. Ce jour là j’ai du me retenir pour ne pas rougir, mais son attitude semblait aussi valider ce nouveau statut. Il y a avait une forme de satisfaction chez elle liée sans doute à la découverte olfactive de mon secret. Une découverte qui lui octroyait de facto une supériorité sur « le petit macho arrogant » que j’étais il y a encore quelques années.
L’objet du prochain post sera une réflexion sur le statut du « pisseux » dans notre société justement ! Vaste sujet sur lequel j’ai déjà énormément réfléchi…Comment gérer son incontinence au quotidien surtout en extérieur? A-t-il encore une sexualité? Comment le positionner dans un monde devenu hyper sexualisé?

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